• ricky Kapiamba

Tous derrière « le peuple d’abord »




Le 15 septembre, il y avait rentrée parlementaire à l’hémicycle du Palais du peuple. Les députés et sénateurs, revenant des vacances parlementaires, devaient aborder la session ordinaire de septembre, qualifiée de tous les enjeux et dangers, dans un esprit de surchauffe. La session devait aborder des sujets qui fâchent, des escarbilles donc ! Mais le ton de l’entame semble montrer le contraire. Les présidents des deux chambres ont, dans leurs discours, joué à l’apaisement pour attirer l’attention des uns et des autres sur les préoccupations du peuple. La présence remarquée du président honoraire Joseph Kabila, qui a siégé pour la première fois, Vue Claire en tant que sénateur à vie, s’est invitée audacieusement à la sauce de l’apaisement. L’intérêt du peuple semble avoir fait plier tout le monde. Qui veut le Congo à feu et à sang ? Celui-là devra s’attendre au peuple sur son chemin. Le « peuple d’abord », slogan de campagne électorale devenu la vision que le 5e président a imprimée dans la marche de la République, semble un puissant virus qui se propage à la vitesse du vent. Il souffle sur tout le monde sans exception aucune, et ravage là où il faut ravager. Même les acteurs politiques, ayant investi la scène politique sans la priorité de servir le peuple, se voient contraints de changer le tir.

Alors que la session de septembre s’annonçait tel un « printemps parlementaire », prédit par les analyses prophétiques, les signaux lancés, le 15 septembre, à la rentrée parlementaire, par les présidents de deux chambres, indiquent plutôt que le danger prévu a été évité. Comme des gens atteints par une épidémie, ils ont semblé avoir été inoculés du virus « peuple d’abord ». C’est dans cette optique qu’à la place du discours conflictuel, ils ont privilégié les vraies raisons de l’existence même du Parlement.

Jeanine Mabunda puise dans la « Maison du peuple » Leurs discours ont donné la part belle aux préoccupations du peuple qu’aux intérêts partisans. Ils ont insisté sur l’apaisement. « Faut-il rappeler que l’Hémicycle dans lequel nous avons l’honneur de siéger et qui rassemble les représentants du peuple congolais, a pour vocation première de servir l’intérêt général. C’est ce qui doit nous guider toutes et tous dans l’accomplissement de notre tâche au sein de cette institution. La double priorité de servir le pays et respecter nos compatriotes, en les écoutant, en leur proposant des solutions pouvant les aider à sortir de leurs difficultés et, à combler leurs attentes et leurs espérances, est ce qui doit

jalonner l’exécution de nos mandats. », a conscientisé Jeanine Mabunda, présidente de l’Assemblée nationale. La speakerine de la chambre basse du Parlement a interpellé les élus nationaux sur les préoccupations du peuple. « Les préoccupations de nos concitoyens sont nombreuses et connues de tous. Notre seule mission est d’œuvrer à les combler à travers les missions que nous confère la Constitution et notre Règlement intérieur », a-t-elle conseillé. Selon elle, c’est à cela qu’elle s’est engagée. « Tâchons de nous hisser à la dignité et à l’exigence de la fonction. Qu’aucune stratégie de distraction ne nous détourne de notre mission. Nous devons rester déterminés à poursuivre avec dévouement le mandat de représentation du peuple congolais, car seule sa satisfaction et son bien-être doivent prévaloir », a-telle martelé.

Alexis Tambwe Mwamba voit le peuple Le président du Sénat Alexis Tambwe Mwamba a, quant à lui, laissé parler son humanisme. A la place d’un discours qui devait donner le go aux hostilités, il a mordu à l’hameçon de l’humanisme envers le peuple, pour dire sa compassion sur la mort des enfants à Masisi, en plein examens de Tenafep ; les morts dans les Hauts Plateaux de Minembwe, à Irumu en Ituri. Il n’a pas oublié les orpailleurs décédés dans l’éboulement de la mine d’or de Kamituga. Le président de la chambre haute a évoqué les axes de l’état de droit voulu dans « le peuple d’abord ». « Pour nous mettre en phase avec la lutte contre la corruption, la maximisation des recettes et la rationalisation des dépenses, je recommande une grande attention aux recettes douanières, fiscales, non fiscales et parafiscales », a-t-il évoqué. Là, il s’est plié à la toute-puissance du « peuple d’abord » qui exige que tous les corrompus et corrupteurs puissent répondre de leurs actes devant la justice. Mais il n’a pas oublié aussi le peuple. « Notre pays, que d’aucuns considèrent comme le coffre-fort du monde, devra réfléchir, dans ce nouveau contexte, sur ses propres plans de sécurisation des ressources, la transformation totale ou partielle de ses ressources minérales et naturelles ainsi que le choix de ses partenaires en fonction des contreparties pouvant booster le développement, l’industrialisation et la juste répartition des richesses à ses propres populations », a-t-il émis le vœu.

Tshisekedi toujours pour le peuple La juste répartition des richesses à ses propres populations c’est ce que demande le peuple qui se retrouve dans tous les axes du très célèbre « Le peuple d’abord ». Alors que l’arbre à palabres parlementaire devait aborder des sujets à grande controverse (lois Minaku-Sakata sur la réforme de la justice avec comme idée cachée contrer l’audacieux Etat de droit de Tshisekedi ; les nominations à la Cour constitutionnelle; le refus par la présidence d’investir, par ordonnance, le controversé Roland Malonda à la tête de la CENI; la motion restée pendante contre le vice-premier ministre, ministre de l’Intérieur, le CACH Gilbert Kankonde, l’homme par qui le scandale du contreseing des ordonnances présidentielles est passé, sans oublier l’intrépidité audacieuse du duo Fayulu-Ngoy exigeant la destitution du président de la République pour violation intentionnelle de la constitution), le temple de la démocratie est parti pour ne pas donner une prime à la pyromanie. Tous les élus du peuple ont été invités à ne voir que l’intérêt du peuple. Autant dire que « Le peuple d’abord » est un puissant virus. Personne ne peut résister à sa puissance contraignante. Même les politiciens les plus incrédules n’ont pas la capacité de dire non à cette vision du 5e président congolais. « Le peuple d’abord » attire, fascine, fait plier les genoux. Le secret de cette omnipotence n’est rien d’autre que le peuple. Car, sa voix est la voix de Dieu. S’opposer au peuple, c’est s’attirer malédictions et creuser sa propre tombe politique. Fort de cette évidence, le président de la République a orienté et oriente toutes ses actions vers l’intérêt général. « L’intérêt du peuple continuera à constituer le fil conducteur de toutes les actions que je vais mener durant mon mandat », avait-t-il déclaré, samedi 2 mars 2019, lors de la présentation de son programme d’urgence des 100 jours. Et aujourd’hui, s’il faut résumer son bilan en un seul mot, les fins limiers n’évoquent que « le peuple ».

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